Comment lire un tensiomètre ?

Prendre la mesure de la pression artérielle

Contrairement à la croyance populaire, l’objectif n’est pas de mesurer la pression dans l’artère mais de mesurer la contre-pression artérielle obtenue en pressant sur l’artère choisie pour mesurer la pression. Cette technique n’est pas nouvelle et à guère évoluée dans le temps. En revanche ce sont les outils permettant de mesurer cette pression qui se développés et améliorés jusqu’à obtenir un temps de réponse très court pour un résultat aussi précis que fiable. Autre révolution, celle de pouvoir effectuer cette mesure de chez soi, sans avoir à se déplacer chez un médecin.

Où prendre la mesure ?

On enveloppe le brassard du tensiomètre en général autour du bras tandis que le stéthoscope est placé au niveau de la saignée du coude à l’emplacement où le pouls est détectable avec le bout des doigts.

Les méthodes d’obtention de la pression artérielle

Méthode auscultatoire

C’est la méthode et la plus ancienne et la plus classique, dite de Korotkov. On positionne tout d’abord le brassard pneumatique autour du bras, le long de l’artère humérale. Son principe de fonctionnement repose sur l’auscultation des bruits de l’artère que l’on entend une fois que le brassard pneumatique se dégonfle. Ce dernier est au préalable gonflé pour comprimer l’artère afin de bloquer le passage du sang.

– On gonfle le brassard jusqu’à la pression systolique puis on dégonfle lentement pour entendre le bruit émis par l’artère. A savoir que lors du gonflement du brassard il n’est pas possible d’entendre le moindre bruit, l’artère étant comprimée.

– Lors du dégonflement du brassard, le stéthoscope est placé immédiatement en aval du brassard, au niveau de l’artère humérale. Le bruit permet mesurer la pression et définit la pression artérielle diastolique ou systolique.

– Plus la pression diminue, plus le bruit s’efface lentement jusqu’au moment où il disparaît totalement. Toutefois plusieurs étapes précèdent la disparition totale des bruits qui diffèrent en fonction de l’ouverture des battements cardiaques. Rapides, accompagnée de souffles, puis plus lents jusqu’à atteindre la pression artérielle diastolique.

Cette méthode est commune chez les médecins, et aujourd’hui automatisée par les matériels à affichage digital, très efficaces et précis.

Méthode oscillométrique

Cette méthode est utilisée fréquemment dans les appareils de mesure automatique de la pression artérielle, en raison de sa fiabilité.

La mesure oscillométrique, qui date de la fin du XIXe siècle, fonctionne sur des bases similaires à la méthode auscultatoire. Toutefois au lieu de lire les données issues du dégonflage du brassard pneumatique,  la méthode oscillométrique enregistre et évalue les oscillations des artères et les restituent sous la forme d’une courbe en distinguant la pression artérielle systolique de la pression diastolique. Elle implique la présence d’un capteur électronique de pression.

Les pulsations ne peuvent être enregistrées que lorsque la pression diminue dans le brassard. C’est cette pression qui définit la pression artérielle maximale ou minimale. Les pulsations converties par un mécanisme algorithmique se traduisent alors en oscillations qui montent et descendent en fonction de l’afflux sanguin.

Le brassard peut être attaché au poignet ou dans la partie située entre le coude et l’épaule.

Fonctionnement

– On gonfle le brassard pneumatique à une pression supérieure à la pression artérielle systolique
– On réduit la pression en deçà de la pression diastolique. En diminuant la pression, les oscillations vont devenir de plus en plus importantes, jusqu’à une amplitude maximale de ces oscillations définissant la pression artérielle moyenne.
– Le flux sanguin est présent, mais limité, la pression du brassard varie périodiquement en synchronie avec l’expansion et la contraction cycliques de l’artère brachiale. Les oscillations continuent à être audibles lors de la décroissance de pression dans le brassard, jusqu’à un moment ou elles disparaissent: la pression alors lue sur l’appareil définie la pression artérielle minimale ou pression artérielle diastolique.

La méthode palpatoire

C’est la moins précise du fait que l’on palpe uniquement le pouls lorsque le brassage se dégonfle, au moment le pouls réapparait. On peut mesure la pression artérielle sur différentes parties du corps : au poignet, à la cuisse ou même à la cheville. De surcroît on ne peut lire que la pression artérielle systolique, la pression artérielle diastolique ne peut être obtenue avec la méthode palpatoire. C’est une méthode qui peut s’avérer intéressantes lorsque des nuisances sonores ne permettent pas d’utiliser un stéthoscope.

La méthode photopléthysmographique

Cette méthode indique que la pression artérielle est obtenue en relevant les données situées dans les artères des bouts des doigts. Un petit brassard est installé au tour du doigt, puis est gonflé et maintenu à une pression linéaire. L’appareil enregistre alors les variations de pression dans le doigt qui va impacter la pression dans le brassard.

Pourquoi prendre sa propre tension ?

L’auto-mesure est aujourd’hui courante à domicile. Elle est assistée par des outils de plus en plus fiables et simples à utiliser.

Elle est aujourd’hui incitée par les médecins eux même tout en respectant les contre indications éventuelles. Elle permet d’anticiper des cas d’hypertension ou de détecter des maladies cardio-vasculaires plus graves par une mesure de la tension régulière à son domicile.

En tout état de cause, on ne peut pas se passer complètement de son médecin étant entendu qu’une fois le relevé de la mesuré effectué il reste à l’analyser et l’interpréter, et parfois à recommander une médicamentation appropriée.

A qui se destine l’auto-mesure et à quel endroit du corps doit-on prendre sa tension ?
Elle est tout d’abord indispensable chez les gens qui ont subi des alertes cardiaques ou dont les problèmes cardio-vasculaires ont été confirmés par le corps médical. L’auto-mesure est également utile dans le cadre d’un traitement, et où la mesure de la tension doit être prise de manière quotidienne. La tension peut être prise sur le bras ou le poignet, dans une position assise, dans des conditions de calme sans nuisances sonores autour de soi.

On évitera également de prendre sa tension après un exercice physique, une course ou marche à pieds, dans un moment de stress.

Quelle fréquence de prise de tension ?

Votre médecin vous indiquera à quel moment il est opportun de mesurer votre tension. Cela peut varier d’une fois par mois à une fois par jour, selon les besoins.

Comment bien prendre sa tension ?

La tension peut beaucoup varier, même au cours d’une automesure. Il est nécessaire de multiplier les mesures pour mieux évaluer le niveau de tension au repos.
Il est conseillé d’effectuer :
• 3 mesures consécutives, le matin entre le lever et le petit déjeuner, à quelques minutes d’intervalle.
• 3 mesures consécutives, le soir entre le dîner et le coucher, à quelques minutes d’intervalle.
• 3 jours de suite.

Bien positionner le brassard pour une prise de tension effective

Le brassard placé au niveau du poignet doit être impérativement aligné sur l’artère du poignet pour une mesure effective. Pensez également à la monter le poignet au niveau du cœur à la suite de la prise de tension.

Quelle fiabilité ?

Les tensiomètres électroniques au bras et au poignet sont aujourd’hui , en grande partie, extrêmement précis.
Ils doivent être correctement étalonnés et validés cliniquement.
La précision requise doit être de +/- 3 mmHg pour la pression artérielle et de +/- 5% pour la fréquence cardiaque.
Les validations BHS, AAMI ou la présence sur la liste AFSSAPS sont un gage de qualité des appareils.

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